Façade du château de Versailles, hôte du sommet Choose France

Choose France acte 93 milliards d’euros d’investissements étrangers à Versailles

La neuvième édition du sommet Choose France, réunie le 1ᵉʳ juin au château de Versailles, a enregistré 93 milliards d’euros d’annonces d’investissements étrangers et plus de 15 600 emplois espérés, selon les chiffres communiqués par l’Élysée et Bpifrance.

Le rendez-vous annuel, censé mesurer l’attractivité économique du pays auprès des grands fonds et industriels, a rassemblé plus de 200 dirigeants venus d’une cinquantaine de nationalités. Le montant affiché dépasse nettement celui des éditions précédentes, à un moment où la croissance française reste fragile et où l’exécutif cherche à montrer des résultats tangibles.

Un sommet dominé par l’intelligence artificielle

L’essentiel des engagements concerne les centres de données et les infrastructures liées à l’intelligence artificielle. Emmanuel Macron a placé ce secteur au cœur de son intervention, en citant le japonais SoftBank et les fonds émiratis Mubadala et MGX parmi les principaux contributeurs.

« Cette édition est importante parce qu’elle acte 93 milliards d’euros d’investissement dans notre pays, ce qui est massif », a déclaré le président de la République devant les investisseurs, en évoquant « des dizaines de milliers d’emplois à la clé ». Le chef de l’État a relié cette dynamique aux réformes du droit du travail et de la fiscalité menées depuis 2017.

SoftBank engage 45 milliards d’euros

Le groupe dirigé par Masayoshi Son représente à lui seul près de la moitié du total annoncé, avec 45 milliards d’euros destinés à des centres de données, en partenariat avec le français Schneider Electric. Le président a indiqué que l’investisseur japonais avait confirmé une intention d’engagement pouvant atteindre, à terme, 75 milliards d’euros.

D’autres annonces portent sur les terres rares, les minéraux critiques, les batteries et l’électrification de l’industrie. Selon l’Élysée, ces secteurs concentrent une part croissante des projets, signe d’un déplacement vers les technologies de souveraineté énergétique et numérique.

Neuf ans d’efforts revendiqués par l’exécutif

Le gouvernement présente ce résultat comme l’aboutissement d’une stratégie engagée depuis la première édition de Choose France. Emmanuel Macron a rappelé que 87 milliards d’euros d’investissements avaient été « confirmés, délivrés » au cours des neuf dernières années, avec à la clé, selon lui, plusieurs dizaines de milliers d’emplois.

L’argument de l’énergie nucléaire est revenu à plusieurs reprises. Le président a salué le rôle d’EDF, Framatome, Orano et du Commissariat à l’énergie atomique, en présentant l’électricité décarbonée comme un atout pour attirer les industriels gros consommateurs, à commencer par les exploitants de centres de données.

Des annonces encore à concrétiser

La portée réelle de ces engagements dépendra de leur mise en œuvre. Les montants présentés au sommet correspondent à des intentions d’investissement qui se déploieraient sur plusieurs années, sans calendrier détaillé pour chaque projet. Le président a lui-même insisté sur ce point en appelant à « nous assurer de la mise en œuvre pour que tout ceci devienne réalité ».

Les emplois annoncés relèvent de la même logique de projection. Le chiffre de 15 600 postes avancé par les organisateurs recouvre des créations attendues à mesure de la construction des sites et de leur entrée en activité. La traduction concrète sur le marché du travail interviendrait progressivement, dans un contexte où le chômage est remonté à 8,1 % au premier trimestre selon l’Insee.

Le suivi des éditions passées sera scruté par les organisations économiques et les collectivités concernées, qui mesureront l’écart entre les promesses formulées à Versailles et les chantiers effectivement lancés sur les territoires dans les prochains mois.

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