Smartphone affichant des applications de messagerie et de réseaux sociaux

Bruxelles ordonne à Meta de rouvrir WhatsApp aux assistants IA concurrents

La Commission européenne a ordonné le 9 juin 2026 à Meta de rétablir l’accès de WhatsApp aux assistants conversationnels concurrents, par des mesures conservatoires imposées le temps de son enquête antitrust sur la messagerie.

La décision oppose Bruxelles au groupe américain sur un terrain devenu stratégique, celui des assistants d’intelligence artificielle intégrés aux applications de messagerie. En contraignant Meta à rouvrir sa plateforme, la Commission entend empêcher que le propriétaire de WhatsApp ne verrouille un marché où il développe son propre service, Meta AI.

Des mesures conservatoires imposées à Meta

La Commission a notifié des « mesures conservatoires » destinées à s’appliquer immédiatement, sans attendre les conclusions de son enquête. Selon Bruxelles, Meta disposerait de cinq jours pour rétablir l’accès des assistants tiers dans des conditions proches de celles qui prévalaient avant octobre 2025.

Ces mesures pourraient rester en vigueur jusqu’en 2029 ou jusqu’à la clôture de la procédure. L’exécutif européen soupçonne le groupe d’enfreindre le droit de la concurrence en réservant à son seul assistant un accès privilégié à la messagerie la plus utilisée du continent.

Un différend né d’une politique de janvier

Le litige remonte à une politique introduite par Meta en janvier 2026, qui aurait dans les faits permis à Meta AI d’être le seul assistant généraliste opérant sur WhatsApp. Les services concurrents, à l’image des agents de type conversationnel proposés par d’autres éditeurs, se seraient ainsi trouvés exclus de la plateforme.

La Commission avait ouvert une enquête formelle en décembre 2025, avant d’adresser des griefs préliminaires en février 2026, puis d’élargir le dossier en avril. Elle a estimé que les remèdes proposés par Meta ne répondaient pas suffisamment à ses préoccupations.

Meta dénonce un excès réglementaire

Le groupe californien a fait part de son intention de faire appel. Meta a critiqué une décision qui, selon lui, revient à offrir un service payant à ses rivaux, déclarant que « la Commission européenne a décidé qu’OpenAI et certaines des plus grandes entreprises du monde peuvent utiliser gratuitement le produit payant WhatsApp Business ».

L’entreprise a qualifié la mesure d’« excès réglementaire ». Cette ligne de défense reprend un argument récurrent des grandes plateformes américaines face aux régulateurs européens, qui multiplient les procédures au titre des nouvelles règles encadrant les marchés numériques.

Un signal pour le marché des assistants IA

L’affaire dépasse le seul cas de WhatsApp. Elle illustre la volonté de Bruxelles d’imposer l’interopérabilité sur des services devenus des points d’entrée massifs vers l’intelligence artificielle grand public.

  • Enquête formelle ouverte en décembre 2025
  • Griefs préliminaires notifiés en février 2026
  • Dossier élargi en avril 2026
  • Mesures conservatoires ordonnées le 9 juin 2026

L’issue de la procédure pourrait faire jurisprudence pour les autres messageries et assistants intégrés. Meta ayant annoncé un recours, la prochaine étape se jouera devant les juridictions européennes, dont la décision déterminera la portée réelle de l’injonction.

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