Six jeunes Français sur dix rencontrent des difficultés pour se loger et un sur cinq renonce à avoir un enfant faute de logement adapté, selon une étude Odoxa réalisée pour Nexity et publiée le 14 janvier 2026.
Ces chiffres dessinent une crise qui dépasse la seule question du toit. L’enquête montre que les contraintes de logement pèsent désormais sur les choix de vie des 18-34 ans, de la carrière à la décision d’avoir un enfant, et nourrissent un débat appelé à peser dans la campagne des municipales.
Une majorité de jeunes en difficulté
Selon l’étude, 61 % des jeunes interrogés déclarent rencontrer ou avoir rencontré des difficultés pour trouver un logement, tandis que 69 % estiment occuper un logement inadapté à leurs besoins. L’institut résume son constat d’une formule, « 6 jeunes sur 10 ont du mal à se loger et 7 sur 10 vivent dans des logements inadaptés ».
Le coût du logement et l’insuffisance de l’offre arrivent en tête des freins cités, aussi bien pour la location que pour l’achat. Les difficultés se concentrent dans les grandes villes, en Île-de-France et dans les régions situées au sud de la Loire, là où la tension immobilière reste la plus forte.
Des renoncements qui touchent les projets de vie
L’enquête met en lumière des arbitrages lourds de conséquences. Un jeune sur deux a déjà quitté sa commune ou envisage de le faire pour se loger, et 30 % disent avoir renoncé à une opportunité professionnelle pour la même raison.
La sphère familiale n’est pas épargnée. D’après Odoxa, 21 % des jeunes affirment avoir renoncé à avoir un enfant en raison de leur situation de logement, un chiffre qui relie directement la crise immobilière à la question démographique, alors que la natalité française recule.
- 50 % ont quitté leur commune ou envisagent de le faire
- 30 % ont renoncé à une opportunité professionnelle
- 21 % ont renoncé à avoir un enfant
Des sacrifices au quotidien
Au-delà des grands choix, le logement grève les budgets ordinaires. L’étude indique que 82 % des jeunes consentent des sacrifices sur leurs dépenses courantes, leurs vacances ou leur épargne, et que 51 % ont réduit leur budget alimentaire pour absorber le coût de leur habitat.
Les jeunes femmes, les ménages aux revenus modestes et les couples figurent parmi les profils les plus exposés, avec des taux de difficulté supérieurs à la moyenne. Ces écarts traduisent une inégalité d’accès au logement qui se creuse selon le revenu et la composition du foyer.
Un enjeu installé dans le débat public
L’étude, commandée par un acteur de l’immobilier, s’inscrit dans une série de travaux convergents sur la dégradation des conditions de logement. La Fondation pour le logement évaluait début 2026 à 4,2 millions le nombre de personnes mal logées en France, dont 350 000 sans domicile.
À l’approche des municipales, le logement s’impose comme un thème de campagne susceptible de mobiliser l’électorat le plus jeune. Les résultats d’Odoxa fournissent aux candidats un état des lieux chiffré, dont les prochaines échéances électorales diront s’il se traduit en engagements concrets.