Le Premier ministre Sébastien Lecornu a présidé jeudi 2 juillet à Marseille une cellule interministérielle de crise consacrée aux feux de forêt qui ravagent le sud de la France, alors que six départements du pourtour méditerranéen restaient placés en vigilance rouge incendie.
La réunion, tenue en fin d’après-midi à la préfecture des Bouches-du-Rhône, a rassemblé le préfet, des élus locaux et des représentants de la police, de la gendarmerie, des sapeurs-pompiers et des armées. Elle marque une montée en régime de l’État face à une saison des feux précoce, doublée d’une vague de chaleur qui assèche la végétation et complique le travail des secours.
Une cellule activée en mode anticipation
Selon la préfecture, la cellule a été activée en mode « anticipation », un format destiné à coordonner la lutte et la prévention avant que la situation ne se dégrade davantage. Les prévisions météorologiques annonçaient des vents soutenus et des températures élevées pour les jours suivants, un cocktail qui fait redouter de nouveaux départs de feu sur un couvert végétal déjà fragilisé.
Les départements des Pyrénées-Orientales, de l’Aude, de l’Hérault, du Gard, des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse figuraient parmi les territoires en alerte maximale. D’après France 24, plus de 1 000 hectares de végétation ont brûlé en vingt-quatre heures, dont environ 800 hectares dans le seul département de l’Aude.
Des foyers multiples de l’Aude aux Bouches-du-Rhône
Le feu le plus important s’est déclaré mercredi 1er juillet à Pouzols-Minervois, dans l’Aude. Il a parcouru près de 900 hectares et provoqué l’évacuation préventive d’environ 200 habitants, selon les autorités locales. Des centaines de pompiers, appuyés par des moyens aériens, ont été mobilisés pour tenter de fixer le front de flammes.
Dans les Bouches-du-Rhône, deux incendies se sont déclarés dans la nuit du 1er au 2 juillet. L’un a couvert 275 hectares à Lançon-Provence, l’autre s’est étendu à Rognac sur une surface encore indéterminée. Les moyens engagés ont été renforcés au fil de la journée pour éviter que les foyers ne rejoignent des zones habitées.
Une pression continue sur les secours
La concomitance de plusieurs sinistres oblige les services départementaux d’incendie et de secours à arbitrer en permanence l’affectation de leurs colonnes. Les moyens aériens, sollicités sur l’ensemble de l’arc méditerranéen, tournent d’un foyer à l’autre au gré de l’évolution des vents.
Les pompiers privilégient la protection des habitations et des axes routiers, quitte à laisser progresser le feu sur des zones de garrigue dépourvues d’enjeux humains. Cette stratégie, dictée par la rareté des moyens face au nombre de départs, suppose une lecture fine du terrain et une coordination étroite avec les forces de l’ordre chargées des évacuations.
Un contexte politique tendu
La gestion gouvernementale de la canicule et des incendies s’est invitée dans le débat parlementaire. Les Écologistes ont déposé une motion de censure pour dénoncer, selon eux, l’insuffisance des moyens de prévention et d’adaptation face à des épisodes climatiques appelés à se multiplier. Le gouvernement défend de son côté un dispositif d’anticipation renforcé et une mobilisation coordonnée des services de l’État.
Au-delà de la controverse, les épisodes de ces derniers jours confirment l’allongement de la saison à risque. Les départs de feu se produisent désormais plus tôt dans l’été, sur des sols asséchés par des printemps de plus en plus chauds, ce qui pèse sur la disponibilité des moyens humains et matériels.
Les jours à venir sous surveillance
Les autorités appelaient les habitants des zones concernées à limiter leurs déplacements dans les massifs et à respecter les arrêtés d’interdiction d’accès. La levée des vigilances dépendra de l’évolution des températures et du régime de vent attendu dans les prochains jours, la préfecture n’excluant pas de nouvelles évacuations si la situation venait à se tendre.