Quartier d'affaires de La Défense à Paris au crépuscule

La Banque de France abaisse sa prévision de croissance 2026 à 0,5 %

La Banque de France a abaissé sa prévision de croissance pour 2026 à 0,5 %, dans ses projections macroéconomiques publiées en juin, soit un point bas qui place l’économie française au ralenti sous l’effet conjugué du choc pétrolier et de l’attentisme des ménages.

Ce chiffre, inférieur aux 0,7 % retenus par l’Insee, traduit un net coup de frein après plusieurs trimestres déjà poussifs. L’institution monétaire mise sur un rebond progressif les années suivantes, mais conditionne cette reprise à une détente des prix de l’énergie et à un retour de la confiance.

Une activité qui ralentit dans tous les secteurs

L’enquête mensuelle de conjoncture de la Banque de France, qui s’appuie sur les réponses d’environ 8 500 entreprises, montre que « la progression de l’activité ralentit nettement en mai dans l’industrie ». Les services marchands se contractent et le bâtiment recule légèrement, signe que le tassement touche désormais l’ensemble du tissu productif.

Les chefs d’entreprise interrogés font état d’un attentisme persistant sur les commandes et les investissements, dans un climat marqué par l’incertitude budgétaire et géopolitique. La Banque de France table sur une croissance trimestrielle limitée, sans rebond marqué à court terme.

L’inflation rallumée par le pétrole

L’inflation repart à la hausse, à 2,5 % selon l’institution, portée par un baril proche de 112 dollars. La guerre au Moyen-Orient a mis hors jeu une partie des producteurs du Golfe, ce qui profiterait temporairement à l’industrie française du raffinage et de la chimie, mais pèse lourdement sur le budget des ménages.

Un pouvoir d’achat sous tension

La remontée des prix de l’énergie érode les gains de salaire et freine la consommation, principal moteur traditionnel de la croissance hexagonale. La revalorisation du Smic de 2,41 % au 1er juin, soit près de 44 euros bruts mensuels supplémentaires, ne compense que partiellement la hausse du coût de la vie.

Le chômage repart à la hausse

Le ralentissement de l’activité se lit aussi sur le marché du travail. L’Insee anticipe un taux de chômage de 8,4 % en fin d’année, contre 7,9 % fin 2025 et 7,3 % fin 2024, effaçant une partie des gains enregistrés depuis la sortie de crise sanitaire. Le pouvoir d’achat des ménages reculerait de 0,3 % sur l’année, une première depuis plusieurs exercices.

Cette dégradation alimente l’attentisme des entreprises, qui diffèrent embauches et investissements. Les chefs d’entreprise sondés par la Banque de France évoquent une visibilité réduite, dans un contexte où l’incertitude budgétaire nationale s’ajoute aux tensions internationales.

Un rebond espéré pour 2027 et 2028

La Banque de France anticipe une accélération à 0,9 % de croissance en 2027, puis à 1,2 % en 2028, à mesure que l’inflation refluerait vers la cible de 2 %. Ce scénario suppose une normalisation des prix du pétrole et une stabilisation de l’environnement international, deux variables que l’institution présente comme des aléas majeurs.

La prochaine actualisation de ces projections, attendue à l’automne, dira si la trajectoire de redressement se confirme ou si le ralentissement de 2026 s’installe plus durablement qu’escompté.

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