Meta a annoncé le 3 juin le déploiement mondial de son « Meta Business Agent », un agent conversationnel doté d’intelligence artificielle capable de dialoguer avec les clients des entreprises sur WhatsApp, Instagram et Messenger. L’annonce a été faite lors de la conférence Conversations du groupe, à Londres.
L’outil marque une nouvelle étape dans la stratégie de Mark Zuckerberg, qui cherche à diversifier les revenus du groupe au-delà de la publicité. En confiant à un agent autonome la relation client de millions de commerces, Meta entend transformer ses messageries en canaux de vente directs, un terrain où il affronte désormais Microsoft et OpenAI.
Un agent qui peut conclure des ventes
Selon Meta, l’agent peut prendre en charge des tâches quotidiennes comme répondre aux clients, programmer des rendez-vous, recommander des produits et même « conclure des ventes ». Le commerçant garde la possibilité de reprendre la main à tout moment dans une conversation, précise l’entreprise.
« Aujourd’hui, je veux présenter le Meta Business Agent, qui donne à chaque entreprise, de toute taille, un agent pour parler à ses clients et l’aider à gérer son activité », a déclaré Mark Zuckerberg lors de l’événement londonien, d’après les propos rapportés par CNBC et Engadget.
Plus d’un million d’entreprises déjà inscrites
Le groupe a indiqué tester ces agents depuis plusieurs mois auprès de petites entreprises en Inde, au Mexique et au Brésil. Plus d’un million d’entre elles se seraient déjà inscrites, selon Meta, un chiffre qui donne la mesure des ambitions du déploiement mondial annoncé.
Le choix de ces marchés n’a rien d’anodin. WhatsApp y occupe une place centrale dans les échanges commerciaux du quotidien, ce qui fait de ces pays un terrain d’essai privilégié avant une généralisation à d’autres régions.
Le déploiement place Meta en concurrence frontale avec Microsoft et OpenAI, qui poussent eux aussi des agents IA destinés aux entreprises. Chacun mise sur un atout différent, la suite bureautique pour Microsoft, le modèle conversationnel grand public pour OpenAI, et l’audience des messageries pour Meta, qui revendique plusieurs milliards d’utilisateurs cumulés sur ses applications.
Une ambition affichée de longue date
Mark Zuckerberg a replacé le lancement dans une trajectoire plus large. « À mesure que nos modèles progresseront, votre agent en prendra davantage en charge et finira par vous aider à gérer toute votre entreprise », a-t-il affirmé, esquissant un horizon où l’IA piloterait une part croissante des opérations commerciales.
Pour Meta, l’enjeu est aussi financier. La quasi-totalité des recettes du groupe provient encore de la publicité, et les analystes cités par CNBC voient dans cet agent une tentative de bâtir une source de revenus complémentaire, adossée à l’immense base d’utilisateurs des messageries.
Des questions encore ouvertes
La délégation d’un échange commercial à une intelligence artificielle soulève des interrogations sur la fiabilité des réponses et la protection des données des clients. Un agent qui recommande des produits ou conclut une vente engage la responsabilité du commerçant, et les erreurs d’un système automatisé restent un risque documenté pour ce type d’outil.
La capacité de Meta à convaincre au-delà de ses marchés pilotes reste à démontrer. Le déploiement progressif annoncé dira si les commerçants confient durablement leur relation client à un agent, ou s’ils préfèrent en garder le contrôle direct.