Le lac Léman et les Alpes au crépuscule, près d'Évian-les-Bains où se tient le sommet du G7

Le G7 s’ouvre à Évian sous très haute sécurité au bord du lac Léman

Les dirigeants des sept grandes puissances industrielles se réunissent à Évian-les-Bains de lundi à mercredi, premier sommet du G7 organisé sur les rives françaises du lac Léman depuis le G8 de 2003. La rencontre se tient à l’Hôtel Royal, sous un dispositif de sécurité présenté comme inédit dans le département de la Haute-Savoie.

L’enjeu dépasse la seule logistique. À huis clos, les chefs d’État doivent aborder la réduction des déséquilibres mondiaux, la guerre en Ukraine et la régulation du numérique, dans un format élargi à plusieurs pays invités. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky est attendu sur place le 16 juin, selon plusieurs médias.

Un dispositif de près de 16 000 agents

Près de 16 000 personnes sont mobilisées côté français pour sécuriser le sommet, un chiffre détaillé par la préfète de Haute-Savoie, Emmanuelle Dubée. L’effectif rassemble policiers et gendarmes, auxquels s’ajoutent environ 900 militaires, près de 830 douaniers et un millier de sapeurs-pompiers du service départemental d’incendie et de secours.

Deux périmètres, une zone rouge et une zone bleue, sont activés du 11 au 17 juin. Leur accès est conditionné à un « G7 PASS » muni d’un QR code, dont la plateforme d’inscription avait ouvert dès le 11 mai. Dans la station thermale, l’ampleur du déploiement a transformé le quotidien. « Il y a plus de policiers que d’habitants », résume France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, qui décrit des rues désertes et des embouteillages à quelques jours de l’ouverture.

Une coordination transfrontalière avec la Suisse

La proximité immédiate de la frontière suisse a imposé une coopération de grande échelle. La préfète Emmanuelle Dubée assure la coordination entre les services français et les autorités helvétiques, dans une configuration transnationale que le département n’avait pas connue à ce niveau.

De son côté, la Confédération aurait mobilisé environ 7 400 hommes et rétabli des contrôles à ses frontières du 10 au 19 juin. Berne et Paris ont signé un accord encadrant cette assistance militaire ponctuelle, le ciel et le lac Léman faisant l’objet d’une surveillance renforcée pendant toute la durée du sommet.

Un agenda élargi à de nouveaux invités

Outre les sept membres — États-Unis, Royaume-Uni, Canada, Allemagne, Italie, Japon et France, pays hôte — et l’Union européenne, plusieurs pays sont conviés. Le Brésil, la Corée du Sud, l’Inde et le Kenya figurent parmi les invités. L’Afrique du Sud, un temps pressentie, a été remplacée par le Kenya à la suite de pressions de l’administration américaine, selon les éléments rapportés sur l’organisation du sommet.

La protection de l’enfance et la régulation des plateformes traversent les discussions. Un déjeuner réunirait des dirigeants du secteur de l’intelligence artificielle autour de la question de l’encadrement des réseaux sociaux pour les plus jeunes, sujet sur lequel la France pousse une majorité numérique fixée à 15 ans.

Le climat tenu à l’écart des débats

L’absence du changement climatique de l’ordre du jour officiel a suscité l’inquiétude de plusieurs ONG, qui y voient un recul. Selon les comptes rendus de la préparation, le président américain Donald Trump ne souhaitait pas que le sujet figure parmi les priorités, ce qui a pesé sur la rédaction de l’agenda commun.

Un dîner à Versailles en clôture

Le sommet se refermera le 17 juin sur un dîner réunissant Donald Trump et Emmanuel Macron au château de Versailles. La réception, qui comprendrait une visite de la galerie des Glaces et des Grandes Eaux nocturnes, est présentée comme un hommage au 250e anniversaire de l’indépendance américaine. Les conclusions des trois jours de discussions seront scrutées pour mesurer ce que les Sept auront, ou non, réussi à arrêter en commun.

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