Une main tient un smartphone affichant des applications, illustrant le paiement par intelligence artificielle

Visa relie son réseau à ChatGPT pour des achats pilotés par l’IA

Visa a annoncé le 10 juin, lors de son Payments Forum à San Francisco, l’intégration de son réseau de paiement directement dans ChatGPT, ouvrant la voie à des achats réalisés de façon autonome par des agents d’intelligence artificielle pour le compte des utilisateurs.

L’accord, noué avec OpenAI, marque une étape concrète vers le « commerce agentique », où un assistant ne se contente plus de recommander un produit mais peut aussi déclencher la transaction. Il pose d’emblée la question du contrôle laissé à l’utilisateur sur des dépenses confiées à une machine.

Comment fonctionne le paiement par agent

Le principe repose sur une délégation encadrée. L’utilisateur lie sa carte Visa au service, fixe un plafond de dépense par transaction et sélectionne les catégories de marchands autorisées. L’agent identifie ensuite le produit correspondant aux critères, engage l’achat, tandis que Visa assure l’autorisation du paiement et la surveillance antifraude en temps réel.

Cette infrastructure donnerait accès aux plus de 175 millions de commerçants acceptant déjà la carte. Dans un premier temps, la firme prévoit que la majorité des transactions nécessiteront encore une validation humaine, l’agent envoyant une notification avant de finaliser chaque achat.

Une ambition assumée par Visa

Le groupe ne cache pas l’ampleur de son pari. « L’IA transformera le commerce plus profondément qu’internet ou le téléphone mobile ne l’ont fait », a déclaré Jack Forestell, directeur produit et stratégie de Visa, qui voit dans ces agents un nouveau canal d’achat appelé à se généraliser.

Visa, qui traite quelque 300 milliards de transactions par an, a déjà enrôlé plus de vingt banques européennes en mars et fait état d’une centaine de partenaires dans son programme dédié au commerce intelligent. Plusieurs dizaines d’autres seraient en cours de déploiement.

Le calendrier n’est pas neutre. La firme s’est positionnée alors que la concurrence se structure autour des mêmes promesses, des assistants capables de comparer, choisir et acheter sans intervention humaine. En s’arrimant à ChatGPT, dont l’audience se compte en centaines de millions d’utilisateurs, Visa cherche à imposer son réseau comme la couche de paiement par défaut de cette nouvelle interface.

OpenAI veut garder l’utilisateur aux commandes

Du côté d’OpenAI, l’enjeu consiste à rassurer sur la maîtrise de ces paiements. Marco Mahrus, responsable des partenariats commerce de l’entreprise, a indiqué que « les agents joueraient un rôle croissant dans les paiements » et que l’objectif partagé était de bâtir « une infrastructure de transactions agentiques que les utilisateurs gardent sous contrôle ».

L’emploi du conditionnel n’est pas anodin. Le dispositif en est à ses débuts et son adoption dépendra largement de la confiance accordée par le grand public à un assistant capable de dépenser son argent.

Des garde-fous encore à éprouver

Plusieurs garanties accompagnent le lancement, des plafonds personnalisés à la confirmation manuelle, en passant par le contrôle antifraude maison. Reste à vérifier leur robustesse à grande échelle, notamment face aux erreurs d’interprétation d’une requête ou aux tentatives de détournement.

La bascule vers des achats pilotés par l’IA rebattrait aussi les cartes pour les commerçants, contraints d’optimiser leurs fiches produits pour être sélectionnés par des agents plutôt que par des yeux humains. Les prochains mois diront si ce commerce automatisé sort du cercle des premiers tests américains pour s’imposer auprès du public.

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