Un pistolet de pompe à carburant dans le réservoir d'une voiture en station-service

Pétrole, la désescalade entre Washington et Téhéran fait refluer le baril

Le baril de Brent est retombé autour de 83 dollars à la mi-juin, après l’annonce d’une désescalade entre les États-Unis et l’Iran, effaçant une partie de la flambée provoquée par des mois de tensions au Moyen-Orient.

Ce reflux soulage les marchés, mais ses effets tardent à se faire sentir à la pompe en France, où les automobilistes ont vu le gazole grimper de 50 centimes au plus fort de la crise. L’écart entre le prix du brut et celui des carburants illustre le décalage habituel entre les cotations mondiales et la facture finale.

Un repli déclenché par la désescalade

Le mouvement s’est accéléré le 15 juin, avec la finalisation d’un accord mettant un terme au conflit armé entre Washington et Téhéran. Le Brent a alors chuté de 4,41 % pour s’établir à 83,45 dollars, selon les données de marché, après être brièvement revenu vers 88 dollars dans les jours précédents.

« La réaction des marchés a été rapide et décisive », a commenté Tony Sycamore, analyste chez IG, qui prévient toutefois que « les risques restent orientés à la hausse tant que le pétrole se maintient au-dessus des seuils techniques de support ». L’accord a surtout dissipé le scénario d’un blocage du détroit d’Ormuz.

La trajectoire des dernières semaines témoigne de l’ampleur du choc. Le Brent s’échangeait autour de 70 dollars fin février, avant que l’escalade militaire ne le propulse près de 98 dollars. L’annonce, le 12 juin, de l’annulation par Washington de frappes prévues contre l’Iran l’avait déjà ramené vers 88 dollars, le WTI américain reculant pour sa part autour de 86 dollars.

Le détroit d’Ormuz, verrou du marché mondial

Ce passage stratégique, par lequel transitent environ 20 millions de barils par jour, avait concentré toutes les craintes depuis le début des hostilités. Une fermeture, même partielle, aurait privé le marché d’une part majeure de l’approvisionnement à l’approche du pic de consommation estival.

Tant que la menace pesait sur Ormuz, les cours intégraient une prime de risque géopolitique conséquente. Sa levée a suffi à faire refluer les prix, les opérateurs abandonnant les hypothèses de pénurie qui avaient porté le baril près de 98 dollars quelques semaines plus tôt.

Une baisse qui tarde à la pompe

Pour les ménages, le soulagement reste théorique à court terme. Le gazole, carburant le plus exposé à la hausse, a été le plus pénalisé durant l’épisode. La répercussion d’un brut moins cher prend généralement plusieurs jours, voire des semaines, le temps que les stocks plus onéreux soient écoulés par les distributeurs.

  • Brent autour de 83 dollars à la mi-juin, contre près de 98 dollars au plus fort des tensions
  • Recul de 4,41 % le 15 juin après l’accord États-Unis – Iran
  • Gazole alourdi de 50 centimes pendant la crise

Un facteur de plus pour l’inflation

Le repli du brut intéresse aussi la Banque centrale européenne, qui surveille l’énergie comme l’un des moteurs de la hausse des prix. L’inflation en zone euro évoluait au-dessus de l’objectif de 2 %, en partie sous l’effet de la facture pétrolière gonflée par le conflit. Un baril durablement plus bas desserrerait une contrainte, sans garantir un recul immédiat des prix à la consommation.

Une accalmie encore fragile

Les analystes appellent à la prudence. La détente repose sur un accord récent, dont la solidité dans le temps reste à éprouver, et la moindre rechute des tensions pourrait raviver la volatilité. Les prochains arbitrages dépendront aussi des décisions de production des grands exportateurs et de la vigueur de la demande mondiale durant l’été.

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