Une voiture circule sur une route de campagne française au petit matin

Barème kilométrique, les agents publics obtiennent une hausse temporaire face aux carburants

Les agents publics qui utilisent leur voiture personnelle pour travailler toucheront un peu plus par kilomètre parcouru. Un arrêté du 29 mai 2026 relève de 3,2 % le barème des indemnités kilométriques de la fonction publique, du 1er juin au 31 décembre 2026, pour amortir la remontée des prix des carburants.

La mesure reste modeste dans son montant, mais elle vise en priorité des agents très mobiles, contraints de multiplier les trajets d’un site à l’autre sans que leurs frais soient jusqu’ici pleinement couverts. Le gouvernement l’a présentée comme une réponse conjoncturelle, et non comme une refonte durable du barème.

Une hausse limitée à quelques centimes

Concrètement, la revalorisation ajoute 1 à 2 centimes par kilomètre selon la puissance du véhicule, soit l’équivalent d’environ 0,20 euro par litre de carburant, d’après le calcul relayé par l’UNSA Fonction publique. Le gain dépend donc directement du kilométrage réellement effectué chaque mois.

Pour un agent parcourant plusieurs centaines de kilomètres, l’effet cumulé devient perceptible sur une année. Pour un trajet ponctuel, il reste marginal. La majoration s’applique de façon uniforme sur les taux existants, sans modifier la structure des tranches de remboursement.

Les personnels itinérants au premier rang

Les accompagnants d’élèves en situation de handicap, les AESH, et les enseignants remplaçants figurent parmi les bénéficiaires les plus visés par le texte, selon Acteurs Publics. Ces personnels changent fréquemment d’établissement au cours d’une même semaine, parfois d’une même journée, et supportent des frais de déplacement récurrents.

Leurs représentants réclamaient depuis plusieurs mois une actualisation d’un barème jugé décroché par rapport au coût réel de l’usage d’un véhicule. La revalorisation temporaire répond en partie à cette demande, sans trancher le débat de fond sur la prise en charge des trajets domicile-travail.

Une mesure explicitement provisoire

Le texte fixe une échéance nette. Les taux majorés s’appliquent jusqu’au 31 décembre 2026, puis reviennent au barème de base à compter du 1er janvier 2027. Aucun mécanisme de reconduction automatique n’est prévu à ce stade, ce qui laisse ouverte la question d’une éventuelle prolongation si les prix à la pompe restent élevés.

À ne pas confondre avec le barème fiscal

Cette revalorisation concerne les remboursements internes à la fonction publique et ne doit pas être confondue avec le barème kilométrique fiscal utilisé pour la déclaration de revenus. Ce dernier n’a pas été relevé en 2026, le barème de 2025 étant reconduit à l’identique pour les contribuables optant pour les frais réels.

La distinction a son importance pour les agents concernés. Un même trajet peut donc être valorisé différemment selon qu’il relève du remboursement professionnel ou de la déduction fiscale. Les modalités précises d’application relèvent de chaque employeur public, qui doit intégrer la majoration dans le calcul des indemnités versées d’ici la fin de l’année.

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