Deux alliances posées lors d'une cérémonie de mariage civil

Mariage et Pacs, les couples français se disent oui à parts presque égales

Le nombre de mariages a de nouveau progressé en 2025 en France, avec 251 000 unions célébrées, tandis que le Pacs continue de s’imposer comme une forme d’union presque aussi répandue, selon le bilan démographique publié par l’Insee.

Ces chiffres confirment une recomposition profonde des manières de former un couple. En un quart de siècle, le pacte civil de solidarité, créé en 1999, est passé du statut d’alternative marginale à celui de rival direct du mariage, au point que le pays compte désormais presque autant de Pacs que de mariages chaque année.

Le mariage repart, sans retrouver ses sommets

La hausse enregistrée en 2025 prolonge le rebond observé après la parenthèse des années de pandémie, qui avaient fait chuter les célébrations. Le niveau atteint reste toutefois bien en deçà des volumes des décennies précédentes, quand le mariage constituait le passage quasi obligé de la vie de couple.

L’Insee souligne que l’institution matrimoniale conserve une place importante, notamment pour sa portée symbolique et ses effets juridiques en matière de succession ou de filiation. Mais elle intervient de plus en plus tard dans les parcours, souvent après plusieurs années de vie commune et parfois après la naissance des enfants.

Le Pacs, une trajectoire ascendante

Introduit à la fin des années 1990, le Pacs a connu une progression continue. Plus souple à conclure comme à dissoudre, il attire des couples qui recherchent un cadre juridique sans la charge symbolique ou administrative du mariage. Son succès ne se limite plus aux jeunes générations et s’étend à des profils variés.

Deux formes d’union qui coexistent

Loin de se substituer entièrement l’une à l’autre, les deux formules cohabitent. Certains couples choisissent le Pacs comme une première étape, avant un éventuel mariage. D’autres en font un choix durable, qui répond à leurs attentes sans qu’un passage devant le maire soit envisagé.

Les différences juridiques restent réelles. Le mariage ouvre des droits successoraux et une protection du conjoint qui n’existent pas à l’identique dans le Pacs, notamment en l’absence de testament. Ces écarts expliquent que le passage à la mairie conserve un attrait pour les couples qui cherchent à sécuriser leur patrimoine ou la situation de leurs enfants, même après plusieurs années de vie commune.

Une natalité qui recule en parallèle

Cette évolution des unions se déroule sur fond de repli de la natalité. Le même bilan démographique fait état de 645 000 naissances en 2025, soit 2,1 % de moins qu’en 2024. L’indicateur conjoncturel de fécondité s’établit à 1,56 enfant par femme, contre 1,61 un an plus tôt, un niveau que l’Insee présente comme le plus bas depuis la fin de la Première Guerre mondiale.

La transformation des modes de conjugalité n’explique pas à elle seule cette baisse, qui tient aussi au recul de l’âge à la maternité et à un contexte économique jugé incertain par de nombreux ménages. Mais elle témoigne d’un rapport à l’engagement et à la famille qui s’est diversifié.

Un vieillissement qui se lit dans la pyramide des âges

À l’échelle de la population, ces dynamiques nourrissent un vieillissement désormais visible. Au 1er janvier 2026, la part des 65 ans et plus, estimée à 22,2 % de la population, se rapproche de celle des moins de 20 ans, autour de 22,5 %, selon l’Insee. Ce quasi-croisement, longtemps annoncé, matérialise le basculement démographique du pays.

Les données publiées cette année serviront de socle aux prochaines projections officielles, que plusieurs organismes, dont le Conseil d’orientation des retraites, doivent intégrer à leurs travaux. Le prochain bilan permettra de mesurer si le rebond des mariages se confirme ou s’il s’agissait d’un simple rattrapage.

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