L’inflation française devrait remonter autour de 1,5 % sur un an d’ici juin, tandis que le chômage atteint son plus haut niveau depuis le début 2021, selon le dernier point de conjoncture de l’Insee. L’institut résume la séquence d’une formule, « inflation ravivée, croissance fragilisée ».
Le diagnostic décrit une économie prise en étau. Après plusieurs mois d’accalmie sur les prix, le redémarrage de l’inflation se conjugue à une activité qui peine à repartir et à un marché du travail qui se dégrade, une combinaison rare depuis la sortie de la crise énergétique.
Une inflation tirée par l’énergie
L’inflation, qui oscillait autour de 1 % depuis février, devrait se redresser à 1,5 % sur un an en juin, précise l’Insee, qui pointe une poussée portée principalement par les prix de l’énergie. En mai, la hausse des prix atteignait déjà 2,4 % sur un an, tirée notamment par le gaz.
Ce regain reste contenu au regard des pics de 2022 et 2023, mais il rompt avec la détente observée en début d’année. La trajectoire dépendra largement de l’évolution des cours de l’énergie, sur lesquels la France n’a qu’une prise limitée.
Le chômage au plus haut depuis 2021
Le taux de chômage s’est établi à 8,1 % au premier trimestre, en hausse de 0,2 point sur le trimestre, son niveau le plus élevé depuis le premier trimestre 2021, selon l’Insee. Le marché du travail, qui réagit avec retard à l’activité, commence à porter la trace du ralentissement.
Cette remontée reste mesurée mais marque un tournant après des années de baisse. Elle traduit le décalage habituel entre le freinage de la croissance et ses effets sur l’emploi, qui se manifestent souvent plusieurs trimestres plus tard.
Un marché du travail en retournement
Le retournement intervient après une longue séquence de créations d’emplois. L’Insee souligne que la dégradation reste limitée pour l’instant, mais l’inversion de tendance suffit à nourrir l’attentisme des entreprises sur leurs projets de recrutement.
Une croissance qui peine à redémarrer
Le produit intérieur brut s’est replié de 0,1 % en volume au premier trimestre, après une hausse de 0,2 % au quatrième trimestre 2025. L’institut tablait sur un acquis de croissance de 0,9 % à la mi-2026, un chiffre qui masque la faiblesse du rythme trimestriel observé en début d’année.
Cette atonie alimente l’incertitude budgétaire. Une croissance molle pèse mécaniquement sur les recettes publiques, au moment où le gouvernement cherche des marges de manœuvre pour ses arbitrages financiers.
Un second semestre suspendu aux prix
La suite de l’année dépendra largement de la trajectoire de l’énergie et de la capacité de la demande intérieure à résister à la reprise de l’inflation. L’Insee décrit un scénario fragile, où chaque hausse des prix grignote le pouvoir d’achat et freine la consommation des ménages.
Les prochaines publications statistiques, attendues dans les semaines à venir, permettront de mesurer si l’inflation se stabilise ou poursuit sa remontée. De cette trajectoire dépendra l’ampleur du ralentissement que connaîtra l’économie française d’ici la fin de l’année.