Couloir lumineux d'un hopital francais avec un soignant en blouse blanche, ambiance feutree et neutre

En France, 641 000 deces en 2024 et une mortalite qui recule malgre le retour des virus respiratoires

La France a enregistré 641 046 décès en 2024, soit environ 4 000 de plus qu’en 2023, mais son taux de mortalité standardisé a reculé de 11 points pour s’établir à 777,9 décès pour 100 000 habitants, selon trois études publiées le 23 juin 2026 par la Drees, l’Inserm et Santé publique France. Une baisse qui masque des dynamiques contraires.

Le paradoxe tient à l’effet du vieillissement. Le nombre brut de décès continue de progresser à mesure que les générations nombreuses du baby-boom avancent en âge, mais une fois corrigé de cette déformation, le risque de mourir à âge égal poursuit son recul. Derrière ce chiffre agrégé, la baisse repose presque entièrement sur le reflux du Covid-19, tandis que les maladies respiratoires repartent à la hausse.

Le cancer reste la première cause de mortalité

Les tumeurs, essentiellement des cancers, demeurent la première cause de décès pour les hommes comme pour les femmes en 2024, avec 27,1 % de l’ensemble, devant les maladies cardio-neuro-vasculaires, qui représentent 21,2 % des décès, d’après la Drees. Ces dernières, qui regroupent infarctus, accidents vasculaires cérébraux et insuffisances cardiaques, restent à la deuxième place malgré un léger recul sur un an.

La photographie globale des cancers s’améliore, mais pas pour tous. La Drees relève que la mortalité par cancer diminue pour la plupart des localisations, à l’exception notable du cancer du pancréas et du cancer du poumon chez les femmes, deux signaux qui contredisent la tendance d’ensemble.

Le rebond des maladies respiratoires

La mortalité liée aux maladies respiratoires, hors Covid-19, a progressé de 5 décès pour 100 000 habitants par rapport à 2023, tirée par la grippe et les pneumonies, selon Santé publique France. Dans le même temps, la mortalité due au Covid-19 a reculé de 7 décès pour 100 000 habitants, ce qui explique à lui seul le repli du taux standardisé.

Autrement dit, la baisse affichée tient à un effet de bascule entre virus respiratoires plutôt qu’à une amélioration de fond. Les auteurs invitent d’ailleurs à la prudence sur l’interprétation. « La mortalité en 2024, bien qu’en diminution par rapport à 2023, reste supérieure à celle que l’on aurait attendue si la tendance prépandémique s’était prolongée », écrivent Anne Fouillet et ses coauteurs dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire.

Un tiers des décès liés à plusieurs pathologies

L’édition 2024 met l’accent sur les causes associées, c’est-à-dire les pathologies ou antécédents qui contribuent au décès sans en être la cause initiale. Près d’un tiers des certificats de décès, soit environ 32 %, mentionnent au moins une cause associée, avec une moyenne de 2,2 affections par certificat, indique la Drees.

Hypertension, troubles du rythme cardiaque, diabète et tumeurs figurent parmi les comorbidités les plus fréquemment citées. Chez les moins de 65 ans, l’alcool et le tabac apparaissent comme facteurs associés dans respectivement 10,8 % et 9,8 % des décès comportant une cause associée, un marqueur des décès prématurés évitables.

Une part de décès mal documentés

Les statisticiens pointent une limite récurrente de l’exercice. Environ 4,8 % des décès ont une cause inconnue et 16,5 % une cause initiale jugée insuffisamment précise au regard de la classification de l’Organisation mondiale de la santé, des libellés du type arrêt respiratoire, sénilité ou insuffisance cardiaque sans origine documentée, selon la Drees.

Ce flou n’est pas réparti au hasard. Il concerne davantage les décès de femmes et les décès survenus à domicile, deux configurations où le certificat est plus souvent rempli sans examen approfondi. Les morts à domicile présentent en moyenne 2,04 causes associées, contre 2,28 en établissement pour personnes âgées et 2,22 à l’hôpital, signe d’une documentation plus pauvre hors des structures de soins.

Le suicide, mortalité jeune et masculine

Le bilan rappelle aussi le poids du suicide, avec 8 744 décès en 2024, soit un taux de 12,6 pour 100 000 habitants, qui touche en priorité les hommes et les personnes de moins de 65 ans, selon Santé publique France. À la différence des grandes causes chroniques, cette mortalité frappe à des âges nettement plus précoces et pèse lourdement sur les années de vie perdues.

Les trois organismes prévoient de publier dans les prochains mois des analyses territoriales plus fines, dans la lignée des disparités déjà documentées pour l’année 2023, afin d’identifier les zones où la surmortalité résiste le plus aux progrès nationaux.

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