Le prix repère de vente du gaz a augmenté de 7,4 % au 1er juillet, atteignant 164,21 euros par mégawattheure toutes taxes comprises, son plus haut niveau depuis que la Commission de régulation de l’énergie (CRE) publie cet indicateur fin 2023. Une hausse qui touche, à des degrés divers, les 10,34 millions de foyers raccordés au réseau.
La progression paraît modeste ramenée à la facture mensuelle, 2,7 euros de plus en moyenne au mois de juillet selon la CRE. Mais elle intervient sur un indicateur déjà orienté à la hausse depuis la disparition du tarif réglementé, et elle s’accompagne d’un changement de règle du jeu pour la partie acheminement, qui rebat les cartes entre les différents types de contrats.
Un indicateur au plus haut depuis sa création
Le prix repère est passé de 152,86 euros le mégawattheure au 1er juin à 164,21 euros au 1er juillet, d’après le barème publié par la CRE. Le régulateur, qui a remplacé les tarifs réglementés supprimés en 2023, calcule chaque mois cette référence censée aider les consommateurs à situer les offres du marché.
Le niveau atteint dépasse tous les précédents. Le comparateur Selectra estime que « jamais la facture de gaz n’a été aussi élevée en France », chiffrant à environ 25 % la progression depuis juillet 2024. Pour un logement chauffé au gaz consommant 11 200 kilowattheures par an en zone desservie par GRDF, la facture annuelle avoisinerait 1 789 euros au tarif de juillet, selon les mêmes estimations, à confirmer sur la consommation réelle de chaque foyer.
Deux mouvements qui se cumulent
La CRE attribue la hausse à deux composantes de la facture qui évoluent en même temps. La première, la part fourniture, suit les marchés de gros, dont les prix sont repartis à la hausse sur les cotations retenues au printemps. La seconde, la part acheminement, rémunère les réseaux de transport et de distribution.
C’est cette seconde brique qui pèse cette fois lourdement. Le tarif de distribution, l’ATRD, progresse à compter du 1er juillet, et une nouvelle mécanique entre simultanément en vigueur.
La péréquation gazière change la donne
Baptisée péréquation gazière, cette réforme instaure une grille de distribution unique sur l’ensemble du territoire. Jusqu’ici, le coût d’acheminement variait selon que la commune était desservie par GRDF ou par une régie locale. Désormais, ces coûts sont harmonisés, ce qui alourdit la part réseau dans la facture nationale de référence.
Les offres à prix fixe ne sont pas épargnées
La hausse ne concerne pas seulement les contrats indexés. La CRE prévient que « les ménages qui ont souscrit une offre à prix fixe, environ 40 % des consommateurs résidentiels de gaz, se verront également appliquer l’évolution de la part acheminement, qui concerne l’ensemble des consommateurs ».
Autrement dit, bloquer son prix protège du coût de la molécule vendue par le fournisseur, mais pas de l’augmentation de l’abonnement de distribution, qui s’applique à tous les contrats. Les foyers persuadés d’être totalement à l’abri grâce à un prix garanti figurent, selon Selectra, parmi ceux qui découvriront une facture en hausse malgré leur engagement.
Une facture parmi d’autres au 1er juillet
La revalorisation du gaz s’inscrit dans une série de changements entrés en vigueur le même jour. Le gouvernement a relancé le leasing social pour les voitures électriques et déployé le nouveau congé supplémentaire de naissance, tandis qu’une taxe forfaitaire sur les petits colis importés hors Union européenne remplace le dispositif national instauré en mars.
Pour les ménages chauffés au gaz, la question sera surtout celle de l’hiver. Le prix repère étant recalculé chaque mois, l’ampleur de la facture dépendra de l’évolution des marchés de gros et du poids durable de la part acheminement. La CRE publiera son prochain barème début août, première indication d’une éventuelle accalmie ou d’une poursuite de la hausse à l’approche de la saison de chauffe.