Jeune couple avec un enfant dans la cuisine d'un appartement, illustrant la politique familiale en France

Politique familiale, les Français réclament plus de soutien à la natalité et à l’autonomie des jeunes

La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) a publié le 6 juillet 2026 son baromètre d’opinion sur la politique familiale, qui révèle une poussée du soutien à la natalité comme objectif prioritaire, désormais cité par 19 % des Français contre 8 % en 2019.

Ces données, issues d’une enquête menée en face-à-face auprès d’environ 4 000 personnes de 18 ans ou plus résidant en France métropolitaine, entre octobre et décembre 2025, dessinent un déplacement des attentes vis-à-vis d’une politique familiale qui absorbe chaque année plusieurs dizaines de milliards d’euros de prestations. Le service statistique des ministères sociaux interroge, depuis 2019 sur cette question, ce que devrait être selon les Français l’objectif premier de cette politique, parmi plusieurs propositions.

La natalité gagne du terrain dans l’opinion

La part des personnes plaçant le soutien à la natalité en tête des objectifs de la politique familiale aurait plus que doublé en six ans, passant de 8 % en 2019 à 19 % en 2025, selon la DREES. L’institut relie cette progression au recul des naissances observé sur la même période, de l’ordre de 14 % à l’échelle nationale.

Ce mouvement marque une inflexion. Historiquement conçue au sortir de la Seconde Guerre mondiale comme un levier nataliste, la politique familiale avait vu, dans les enquêtes précédentes de la DREES, cet objectif reléguer loin derrière les préoccupations de pouvoir d’achat et de garde d’enfants. Le soutien à la natalité redeviendrait ainsi une demande sociale plus visible, sans toutefois s’imposer comme la première attente.

L’autonomie des jeunes adultes s’affirme comme priorité

Deuxième évolution notable, l’objectif consistant à « rendre les jeunes de plus de 20 ans plus autonomes à l’égard de leur famille » progresserait de 17 % à 25 % entre 2019 et 2025, d’après le baromètre. Cette attente serait particulièrement portée par les premiers concernés, puisque 38 % des 18-24 ans la citeraient comme prioritaire, de même que 28 % des parents d’au moins un enfant âgé de 10 à 18 ans.

Cette montée traduirait, selon la lecture de la DREES, les difficultés d’accès des jeunes adultes au logement et à l’emploi stable, qui repoussent l’âge de la décohabitation. Elle intervient alors que plusieurs études récentes, dont un sondage Odoxa publié début 2026, faisaient état de la peine éprouvée par une large majorité de 18-34 ans à se loger.

La conciliation vie familiale et vie professionnelle recule mais reste en tête

L’amélioration de l’équilibre entre vie familiale et vie professionnelle demeurerait l’objectif le plus cité, retenu par 29 % des personnes interrogées. Cet item aurait toutefois perdu du terrain, en recul d’environ 7 points par rapport à 2019, année où il dominait plus nettement le classement.

Dans le même temps, la réduction des écarts de niveau de vie entre familles aisées et familles modestes reculerait fortement comme priorité affichée, passant de 32 % à 19 % sur la période. La DREES relève dans ses éditions successives que le soutien aux familles les plus modestes reste néanmoins largement plébiscité lorsqu’il est présenté comme un principe de ciblage des aides.

Des attentes qui interrogent le financement

Ces demandes s’expriment dans un contexte de tension budgétaire assumée par l’opinion. Le même baromètre montre que 70 % des Français se disaient, fin 2025, « beaucoup » ou « assez » préoccupés par le niveau de la dette publique, contre 52 % en 2023, soit le niveau le plus élevé mesuré depuis 2015.

La DREES rapporte par ailleurs que 71 % des personnes interrogées jugeaient que le système de Sécurité sociale « coûte trop cher à la société », contre 63 % deux ans plus tôt. Cette double lecture, où l’on réclame davantage de soutien à la natalité et à l’autonomie des jeunes tout en s’inquiétant du coût des dépenses sociales, place le débat sur la politique familiale à la croisée d’attentes potentiellement contradictoires.

Le baromètre d’opinion de la DREES constitue l’une des rares sources publiques mesurant, dans la durée et sur un large échantillon, la perception des politiques sociales par les Français. Ses résultats devraient nourrir les discussions autour du prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale, dont le volet famille fait l’objet de débats récurrents.

Derniers articles