Billets en euros symbolisant la dette publique française

Dette publique, la France franchit 117,5 % du PIB au premier trimestre

La dette publique française a atteint 3 536,1 milliards d’euros à la fin du premier trimestre 2026, soit 117,5 % du produit intérieur brut, en hausse de 75,6 milliards sur trois mois, a indiqué l’Insee.

Le rebond est net après le repli observé fin 2025. La dette au sens de Maastricht représentait 115,7 % du PIB au quatrième trimestre, avant de repartir à la hausse sous la pression des émissions de l’État. Le mouvement intervient alors que le gouvernement cherche de nouvelles économies pour contenir un déficit qu’il vise autour de 5 % du PIB.

Une hausse de 75,6 milliards en trois mois

« À la fin du premier trimestre 2026, la dette publique au sens de Maastricht s’établit à 3 536,1 Md€, soit une augmentation de 75,6 Md€ », détaille l’Insee dans sa note de conjoncture. La progression fait suite à un recul de 23,6 milliards au trimestre précédent, ce qui souligne le caractère heurté de la trajectoire des finances publiques.

Rapporté à la richesse produite, le ratio gagne 1,8 point en un seul trimestre. Un rythme qui, s’il se prolongeait, éloignerait encore la France des règles européennes plafonnant la dette à 60 % du PIB.

L’État à l’origine de l’essentiel de la progression

La contribution de l’État à la dette a augmenté de 66,3 milliards d’euros sur le trimestre, soit la quasi-totalité de la hausse. Les titres de long terme y ont contribué pour 58,4 milliards et ceux de court terme pour 7,9 milliards, signe d’un recours massif aux marchés pour financer les besoins courants.

Cette dépendance aux émissions pèse d’autant plus que l’Agence France Trésor doit placer plus de 530 milliards d’euros de dette sur l’ensemble de l’année, un volume supérieur à celui de 2020, année de la crise sanitaire.

La dette nette progresse un peu moins vite

La dette nette, qui déduit certains actifs financiers, s’est établie à 3 301,1 milliards d’euros, soit 109,7 % du PIB, contre 108,5 % fin 2025. Sa hausse, limitée à 55,6 milliards, est plus modérée que celle de la dette brute, la trésorerie des administrations publiques ayant parallèlement augmenté de 21,3 milliards.

Cet écart entre dette brute et dette nette traduit une gestion de trésorerie plus qu’un désendettement. L’État a émis davantage qu’il n’avait immédiatement besoin de dépenser, une pratique courante en début d’année qui gonfle mécaniquement la dette brute sans que le besoin de financement sous-jacent ne se dégrade dans les mêmes proportions.

Un contexte budgétaire sous tension

Ces chiffres tombent dans un climat économique dégradé. Le gouvernement a abaissé sa prévision de croissance 2026 à 0,7 %, en ligne avec l’Insee, le Fonds monétaire international et l’OCDE, tandis que la Banque de France table sur 0,5 %. La charge des intérêts de la dette, estimée autour de 74 milliards d’euros pour l’année, dépasse désormais le budget de la défense. Bercy recherche plusieurs milliards d’économies supplémentaires, un effort que la préparation du budget 2027 devra concrétiser.

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