Porte-conteneurs en cours de chargement dans un port français, symbole du commerce extérieur

Le déficit commercial de la France se creuse à 6,9 milliards d’euros en mai, plombé par le recul des exportations d’armement

Le déficit du commerce extérieur français s’est de nouveau creusé en mai 2026 pour atteindre 6,9 milliards d’euros, contre 5,4 milliards en avril, sous l’effet d’un net repli des ventes de matériel militaire, selon les chiffres publiés le 7 juillet par la Direction générale des douanes.

Un rebond de printemps sans lendemain

Après une éclaircie en avril, où le solde des échanges de biens s’était temporairement résorbé à 5,4 milliards d’euros, la balance commerciale s’est de nouveau dégradée de 1,5 milliard d’euros sur un mois. Les exportations françaises sont retombées à 53,6 milliards d’euros, en recul de 1,1 milliard (-2 %) par rapport à avril, tandis que les importations ont progressé à 60,5 milliards d’euros, en hausse de 0,4 milliard (+0,7 %).

« Le solde commercial de la France s’élève à -6,9 milliards d’euros » en mai, indique la Direction générale des douanes, qui souligne que le redressement observé au printemps aura été de courte durée. L’écart entre ventes et achats à l’étranger demeure l’un des points de fragilité récurrents de l’économie française, structurellement déficitaire sur les biens depuis 2004.

L’armement, variable clé d’un mois à l’autre

La principale contribution au repli des exportations provient des ventes de matériel militaire, en baisse de 0,8 milliard d’euros après un mois d’avril particulièrement dynamique, selon les douanes. Les livraisons d’équipements mécaniques, électroniques et informatiques ont pour leur part reculé de 0,6 milliard d’euros.

Ce mouvement illustre la dépendance de la balance française aux grands contrats de défense, dont le calendrier de livraison peut faire basculer le solde d’un mois à l’autre. Un seul contrat aéronautique ou d’armement suffit à modifier sensiblement la tendance mensuelle, ce qui rend l’indicateur volatil et difficile à interpréter sur une base ponctuelle.

Des secteurs à contre-courant

  • Aéronautique : les exportations du secteur ont progressé de 0,5 milliard d’euros en mai, pour le troisième mois consécutif, jouant le rôle d’amortisseur.
  • Énergie : les importations de produits énergétiques ont diminué de 0,4 milliard d’euros, « sous l’effet d’un recul des volumes et d’un repli des prix », selon les douanes.
  • Transport : les achats d’équipements de transport ont augmenté de 0,4 milliard d’euros, tirés par l’automobile.

Une trajectoire annuelle mieux orientée

Malgré la rechute de mai, la tendance de fond reste celle d’un allègement progressif du déficit. Sur douze mois glissants, de juin 2025 à mai 2026, le déficit commercial atteint 58,9 milliards d’euros, un niveau nettement inférieur aux 69,2 milliards enregistrés sur l’ensemble de l’année 2025 et aux 79,3 milliards de 2024.

Ce reflux rapproche le pays de sa situation d’avant-crise énergétique. En 2019, le déficit s’établissait à 58,1 milliards d’euros. La baisse de la facture énergétique, portée par le recul des cours des hydrocarbures et une consommation contenue, explique une large part de cette amélioration structurelle sur un an.

Un déficit qui ne dit pas tout de la balance extérieure

Les chiffres publiés par les douanes ne portent que sur les échanges de biens et ne recouvrent pas l’ensemble de la balance courante, qui intègre aussi les services, traditionnellement excédentaires pour la France grâce au tourisme et aux transports. Le solde des biens constitue donc l’angle le plus défavorable des comptes extérieurs français.

Sur un an, importations et exportations progressent de concert. Les achats à l’étranger augmentent de 8 % (+4,5 milliards d’euros) et les ventes de 8,1 % (+4 milliards), signe d’un commerce extérieur qui retrouve de l’allant sans que le déséquilibre de fond ne soit résorbé. La volatilité des livraisons militaires et l’évolution des prix de l’énergie devraient continuer de dicter, dans les prochains mois, le rythme d’un solde qui reste l’un des maillons les plus surveillés de la conjoncture nationale.

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