Le gouvernement a déclenché vendredi 10 juillet un « plan Orsec chaleurs extrêmes », dispositif inédit, alors que plusieurs incendies parcouraient le sud de la France et qu’une vague de chaleur exceptionnelle gagnait le pays. La décision est tombée à l’issue d’un comité interministériel présidé par le Premier ministre, Sébastien Lecornu.
Réunis à Matignon dans la matinée, plusieurs ministres ont arrêté des mesures de protection des populations les plus fragiles et de renforcement des moyens de lutte contre le feu. « Il y a eu des consultations, des échanges, des travaux », a résumé la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, à la sortie du comité, selon des propos rapportés par Boursorama.
Un plan Orsec activé pour la première fois
Le « plan Orsec chaleurs extrêmes » n’avait jamais été mobilisé sous cette forme. Il vise les départements placés en vigilance rouge et prévoit l’ouverture de lieux climatisés dédiés aux personnes vulnérables, en particulier les personnes âgées vivant seules, souvent en ville.
Le dispositif s’accompagne d’un pilotage resserré des secours à l’échelle nationale, à mesure que la chaleur assèche la végétation et fait grimper le risque d’embrasement sur une large partie du territoire.
Selon les indications données à l’issue du comité, des centres rafraîchis devaient être ouverts pour accueillir les personnes isolées, âgées pour la plupart, particulièrement exposées lors des épisodes prolongés. Les autorités ont insisté sur la surveillance des situations d’isolement, souvent invisibles en milieu urbain, où la chaleur nocturne empêche tout répit.
Des A400M militaires en renfort des Canadair
Pour épauler une flotte aérienne sous tension, la Sécurité civile étudie l’emploi d’avions de transport de l’armée. Son directeur général, Julien Marion, a indiqué que des A400M pourraient être équipés d’un kit de largage d’eau de 20 tonnes.
Un tel appareil « représente l’équivalent à peu près de 3 Canadair », a-t-il expliqué, précisant que des discussions étaient en cours pour un recours possible dès cet été. La capacité d’emport de ces avions dépasserait donc largement celle des bombardiers d’eau traditionnels, sans pour autant s’y substituer.
Le recours à des appareils militaires resterait toutefois conditionné à leur disponibilité et à des adaptations techniques. La flotte de Canadair de la Sécurité civile, très sollicitée en été, arrive vite à saturation lorsque plusieurs foyers se déclarent simultanément sur des massifs éloignés, ce qui pousse l’État à chercher des renforts ponctuels.
Un bilan déjà deux fois plus lourd qu’en 2025
Les chiffres communiqués par les autorités traduisent une saison particulièrement précoce et intense. Depuis le début de l’année, la France a enregistré plus de 8 000 départs de feux, pour une surface brûlée supérieure à 25 000 hectares.
Ce volume représente environ le double de ce qui avait été mesuré à la même date en 2025. Plusieurs foyers restaient actifs vendredi :
- un incendie dans la Drôme, qui avait parcouru près de 3 000 hectares ;
- un feu important dans l’Indre ;
- un sinistre dans les Pyrénées-Orientales, en passe d’être maîtrisé.
Au total, 59 départements étaient exposés à un risque « élevé à très élevé » de feux de forêt, selon la carte diffusée par les services de l’État.
Une vigilance étendue jusqu’en Île-de-France
Sur le front météorologique, neuf départements de l’Ouest ont été placés en vigilance rouge à la mi-journée vendredi, tandis que 72 autres passaient en orange. Météo-France prévoyait une extension du pic de chaleur : samedi à la mi-journée, 24 départements supplémentaires, dont l’ensemble de l’Île-de-France, devaient à leur tour basculer en vigilance rouge.
Les prochaines heures s’annonçaient déterminantes pour les équipes engagées sur les foyers en cours, alors que le gouvernement conditionne la levée du plan Orsec à un reflux durable des températures.