Boîtes de médicaments et plaquettes de comprimés sur un rayon de pharmacie

Le gouvernement veut baisser le prix du paracétamol, les fabricants s’inquiètent

Le gouvernement envisage d’abaisser le prix du paracétamol remboursé, une piste révélée le 17 juillet qui inquiète les fabricants français et les pharmaciens malgré une facture allégée pour la Sécurité sociale.

La mesure porterait sur une baisse d’environ dix centimes par boîte pour le fabricant. À l’échelle des volumes écoulés chaque année en France, l’économie atteindrait quelque 30 millions d’euros par an pour l’Assurance maladie, selon les informations rapportées par franceinfo.

Une économie pour la Sécurité sociale

Le paracétamol figure parmi les médicaments les plus vendus dans l’Hexagone, ce qui explique qu’une réduction unitaire modeste se traduise par une somme importante à l’échelle nationale. Le projet n’aurait pas de conséquence financière directe pour les patients, déjà couverts par le remboursement.

Pour l’exécutif, la mesure s’inscrit dans la recherche d’économies sur les dépenses de santé, alors que Bercy multiplie les pistes pour redresser les comptes publics avant le budget 2027.

Les fabricants du made in France en alerte

Le projet est loin de faire l’unanimité auprès des laboratoires installés en France. Des élus redoutent des répercussions sur les quelque 1 600 emplois du site d’Upsa, où sont notamment produites les boîtes d’Efferalgan et de Dafalgan.

La crainte porte sur le projet de relocalisation de la production du principe actif en France. « S’ils maintiennent cette baisse du prix, le projet pourrait être fragilisé », avertissent des responsables locaux cités par franceinfo, en référence à cet effort de souveraineté sanitaire.

Un surcoût difficile à absorber

Produire le principe actif du paracétamol en France reviendrait environ 60 % plus cher que dans les pays asiatiques, où se concentre aujourd’hui la fabrication. Pour un économiste de la santé interrogé, ces investissements ne pourraient être amortis qu’avec une hausse du prix, à rebours de la trajectoire envisagée par le gouvernement.

Les pharmaciens redoutent une marge rognée

Les officines expriment elles aussi leurs réserves. Une baisse du prix réduirait la marge dégagée sur chaque boîte vendue, alors que le paracétamol représente un volume considérable dans l’activité quotidienne des pharmacies.

Aucune décision définitive n’a été arrêtée. La concertation avec les industriels et les représentants de la profession déterminera si la baisse est confirmée et à quel rythme elle pourrait s’appliquer.

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