Le guichet du « leasing social » de voitures électriques a rouvert le 16 juillet 2026, pour une troisième édition censée permettre à 50 000 ménages modestes de louer un véhicule neuf à moins de 200 euros par mois. Le ministère de l’Économie, qui pilote le dispositif, a confirmé une enveloppe de 401 millions d’euros, ouverte jusqu’à épuisement des dossiers.
La relance intervient après deux campagnes qui avaient été fermées prématurément, faute de budget, tant la demande avait dépassé les prévisions. Le gouvernement présente cette location aidée comme un moyen d’accès à la voiture électrique pour des foyers qui en dépendent pour se rendre au travail, et pour lesquels l’achat neuf reste hors de portée.
Cinquante mille ménages visés
Le nombre de bénéficiaires est plafonné, comme les années précédentes, pour tenir dans l’enveloppe budgétaire. D’après le ministère de l’Économie, la cible reste fixée à 50 000 ménages pour cette édition, contre plusieurs centaines de milliers de candidats potentiels lors des vagues antérieures. Les dossiers sont instruits à mesure de leur dépôt, ce qui rend la date d’ouverture déterminante pour les foyers intéressés.
Les loueurs partenaires doivent proposer une sélection de modèles éligibles, produits pour l’essentiel en Europe. Le dispositif s’adresse aux véhicules particuliers, à l’exclusion des utilitaires et des occasions.
Des conditions de revenu et de distance resserrées
Pour prétendre à l’offre, le revenu fiscal de référence par part ne doit pas dépasser 16 880 euros, un seuil qui vise les ménages des cinq premiers déciles. Le foyer doit par ailleurs justifier d’un usage réel de la voiture, avec une distance domicile-travail strictement supérieure à 10 kilomètres, ou plus de 8 000 kilomètres parcourus chaque année dans un cadre professionnel.
Une clause écarte les bénéficiaires des éditions 2024 et 2025, qui ne peuvent pas se représenter. La mesure entend éviter la reconduction des mêmes dossiers et élargir le nombre de foyers servis.
Un loyer plafonné, une part de véhicules à moins de 140 euros
Le loyer mensuel doit rester inférieur à 200 euros pour un forfait d’au moins 15 000 kilomètres par an, sans frais additionnels imposés au locataire. Chaque loueur est en outre tenu de placer au moins un quart de sa sélection initiale sous la barre des 140 euros mensuels, afin de garantir des offres réellement accessibles.
La durée d’engagement est fixée à trois ans minimum. Sur le papier, le montant reste très en deçà d’une location classique, où les mêmes modèles dépassent souvent 300 euros par mois.
Une aide publique conditionnée à la production européenne
Le soutien de l’État prend la forme d’une prise en charge d’une partie du coût du véhicule. L’aide s’élève à 29 % du prix d’achat, dans la limite de 6 500 euros, un plafond qui peut grimper jusqu’à 9 000 euros lorsque la voiture et sa batterie sont produites dans l’Espace économique européen. Ce bonus conditionné traduit la volonté de réserver l’argent public aux modèles fabriqués sur le continent.
Un critère qui restreint le catalogue
Ce fléchage exclut de fait plusieurs modèles populaires importés d’Asie, dont certains figuraient parmi les plus demandés lors des précédentes éditions. Le catalogue définitif dépend des loueurs, qui arbitrent entre marges et éligibilité à l’aide maximale.
Un calendrier suspendu à l’enveloppe
Comme en 2024 et 2025, la fenêtre pourrait se refermer avant la fin de l’année si les 401 millions d’euros sont consommés plus vite que prévu. Le ministère n’a pas communiqué de date de clôture, renvoyant à l’épuisement des crédits. Les premiers arbitrages sur le rythme des demandes donneront, dès les prochaines semaines, la mesure de l’appétit des ménages pour un véhicule électrique subventionné.