Un parent pousse une poussette, illustration de la natalité en France

Ne pas avoir d’enfant, l’incertitude et l’argent en tête des raisons

L’incertitude de l’avenir et le manque d’argent arrivent en tête des raisons avancées pour ne pas avoir d’enfant, selon le dernier Baromètre d’opinion de la Drees publié début juillet. Deux motifs qui pèsent plus lourd que la vie de couple ou la conciliation des temps.

L’étude, menée par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques auprès d’un échantillon d’habitants de France métropolitaine, éclaire un recul durable des naissances. Elle place les contraintes économiques et le climat d’incertitude au cœur des décisions de non-parentalité.

Deux raisons dominent le tableau

Interrogés sur ce qui peut jouer dans la décision de ne pas avoir d’enfant, 42 % des répondants citent l’incertitude de l’avenir et 39 % le manque d’argent. La Drees résume son constat dans une formule sans ambiguïté, « l’incertitude de l’avenir et le manque d’argent, les deux principales raisons pouvant jouer dans la décision de ne pas avoir d’enfant ».

Viennent ensuite l’absence d’emploi stable, mentionnée par 26 % des personnes, le fait de ne pas être en couple stable pour 18 %, et la difficulté à concilier vie familiale et vie professionnelle pour 17 %. Les motifs matériels et le sentiment de précarité l’emportent nettement sur les considérations personnelles ou relationnelles.

Un partage net entre les générations

Les réponses varient fortement selon l’âge, ce qui nuance la lecture d’ensemble. Les jeunes adultes, directement concernés par la décision, insistent davantage sur les contraintes financières.

Le manque d’argent est ainsi la première raison citée par les 25-34 ans, à hauteur de 44 %, contre 36 % chez les 65 ans et plus. À l’inverse, les plus âgés privilégient une grille de lecture centrée sur l’incertitude de l’avenir, guerres, crise économique ou changement climatique, invoquée par la moitié d’entre eux, contre 41 % chez les moins de 35 ans.

Ce que mesure le baromètre

  • Incertitude de l’avenir, 42 % des réponses
  • Manque d’argent, 39 %
  • Absence d’emploi stable, 26 %
  • Absence de couple stable, 18 %
  • Difficulté à concilier famille et travail, 17 %

Une population qui vieillit

Ce ressenti s’inscrit dans une bascule démographique déjà engagée. Selon l’Insee, la part des 65 ans et plus est passée de 14,9 % de la population en 1995 à 21,8 % en 2025, tandis que celle des moins de 20 ans a reculé de 26,4 % à 22,9 % sur la même période.

La fécondité, orientée à la baisse depuis les années 1970, a nettement décroché depuis 2010. Les démographes de l’institut anticipent une décroissance de la population française à partir de 2037 si les tendances actuelles se prolongent.

Un signal pour les politiques familiales

Le poids des motifs économiques relance le débat sur les leviers publics susceptibles de peser sur les intentions de natalité. Les réponses recueillies suggèrent que le soutien au pouvoir d’achat et la sécurité de l’emploi comptent autant que les aides directes à la parentalité.

La Drees doit publier de nouvelles vagues de son baromètre au fil de l’année, avec un suivi des attentes en matière d’accompagnement des familles. Les prochaines livraisons diront si le climat d’incertitude se maintient au sommet des préoccupations.

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