Meta a lancé le 7 juillet 2026 Muse Image, son premier modèle d’intelligence artificielle de génération d’images conçu en interne, déjà intégré à l’application Meta AI, à WhatsApp et aux stories Instagram. L’agence Creative Artists Agency lui reproche déjà son fonctionnement par défaut.
Ce lancement marque la deuxième sortie majeure de Meta Superintelligence Labs, la division dirigée par Alexandr Wang après le modèle de langage Muse Spark dévoilé en avril. Il place le groupe de Mark Zuckerberg en concurrence frontale avec les générateurs d’images d’OpenAI et de Google, sur un terrain où il ne disposait jusqu’ici d’aucune technologie maison.
Un modèle intégré aux applications de Meta
Selon l’annonce publiée sur le blog de Meta, Muse Image serait accessible gratuitement via l’application et le site Meta AI, les messages privés de WhatsApp et les stories Instagram. Le modèle serait ensuite déployé sur Facebook et Messenger, ainsi que dans d’autres espaces d’Instagram et de WhatsApp, d’ici la fin de l’année, selon le même communiqué.
Meta met en avant plusieurs capacités techniques. Le modèle serait capable d’interpréter des consignes complexes, de fusionner plusieurs photos en une seule image, de générer des codes QR et d’afficher du texte lisible à l’intérieur d’une image. Il permettrait aussi des retouches successives, en modifiant une portion de l’image sans tout régénérer.
Meta précise que les images produites intègrent un filigrane invisible, baptisé Content Seal, censé signaler leur origine générée par IA.
Des performances revendiquées face à Google et OpenAI
Meta a communiqué des tests internes pour situer son modèle. Selon ces mesures, Muse Image dépasserait Nano Banana 2 de Google sur plusieurs tâches de génération et d’édition, notamment la retouche d’une ou plusieurs images, tout en restant derrière le modèle GPT Image d’OpenAI sur la qualité globale.
Ces chiffres émanent des benchmarks internes de Meta et n’ont pas été validés de façon indépendante. Le groupe insiste par ailleurs sur la distribution comme principal atout, en misant sur l’intégration directe dans des applications qui revendiquent des milliards d’utilisateurs plutôt que sur la seule performance brute.
La CAA réclame un système par consentement
Le lancement a immédiatement suscité une réaction de Creative Artists Agency. L’agence de talents a demandé le 8 juillet à Meta de faire de la protection le réglage par défaut, et d’exiger un consentement documenté avant toute utilisation de l’image d’une personne.
La controverse porte sur un mécanisme précis. Muse Image inclurait par défaut les profils Instagram publics dans ses créations, un utilisateur pouvant générer une image reprenant l’apparence d’une personne en mentionnant son compte public dans une consigne. La CAA réclame l’inverse, un système où chacun devrait accepter explicitement cette utilisation.
« Le nom, l’image, la ressemblance, la voix ou le travail créatif de quiconque ne devrait être utilisé par un tiers, y compris des modèles d’IA, sans consentement clair et documenté », a déclaré l’agence, citée par Variety.
Meta défend ses garde-fous
Le groupe a répondu aux inquiétudes en défendant les protections déjà prévues. « Nous avons conçu Muse Image avec des contrôles stricts et des garde-fous de sécurité dès le premier jour », a fait valoir Meta, cité par Deadline.
L’entreprise précise que les comptes privés et ceux appartenant à des mineurs de moins de 18 ans seraient automatiquement exclus, et que les utilisateurs adultes disposant d’un compte public pourraient se retirer du dispositif en quelques clics. Ces garanties ne répondent toutefois pas à la demande centrale de la CAA, qui vise à inverser la logique en passant d’un retrait volontaire à une adhésion volontaire.
Un accès en partie payant
Si la génération d’images serait proposée gratuitement dans un premier temps, Meta réserverait certaines fonctions et un volume élevé de créations à ses formules d’abonnement mensuel, lancées en mai. Le modèle, initialement développé sous le nom de code Mango, s’inscrit dans la stratégie de monétisation des outils d’IA grand public que le groupe déploie depuis le printemps.