L’Insee a averti que le taux de chômage remonterait à 8,4 % de la population active fin 2026, contre 7,9 % fin 2025, et que le pouvoir d’achat des ménages reculerait de 0,3 % sur l’année. Ces prévisions figurent dans sa note de conjoncture de juillet.
Intitulée « L’industrie tient la barre, les ménages accusent le coup », cette note dresse le portrait d’une économie française qui évite la récession mais fait porter l’essentiel de l’ajustement sur les foyers. L’institut confirme une croissance annuelle limitée à 0,7 % pour 2026, un rythme insuffisant pour enrayer la dégradation du marché du travail.
Une croissance qui s’essouffle en fin d’année
Après un recul inattendu de 0,1 % au premier trimestre, l’activité rebondirait de 0,3 % au deuxième, selon l’Insee. Mais l’institut anticipe un net ralentissement à l’approche de l’hiver, avec seulement 0,1 % de croissance attendue au troisième comme au quatrième trimestre.
L’industrie joue un rôle d’amortisseur, portée par la commande publique et certains secteurs exportateurs. Le solde d’opinion des industriels sur leur activité s’établissait encore à 8 points en juin, même si les anticipations pour juillet reculaient à 4 points, signe d’un moral qui s’effrite.
Les ménages en première ligne
Le principal enseignement de la note tient à la situation des foyers. Le pouvoir d’achat, mesuré par le revenu disponible brut, diminuerait de 0,3 % en 2026, une baisse rare hors période de crise aiguë. L’Insee souligne que, contrairement à 2022, les ménages ne sont plus protégés par des dispositifs généraux mais par de simples mesures ciblées, ce qui les conduit à « payer la facture » du ralentissement.
La confiance des consommateurs illustre ce basculement. Elle s’est effondrée d’une dizaine de points depuis février, retrouvant un niveau comparable à celui observé après l’invasion de l’Ukraine début 2022. Ce repli pèse mécaniquement sur la consommation, traditionnel moteur de la croissance française.
Un marché du travail qui se retourne
La remontée annoncée du chômage marque une rupture après plusieurs années de baisse. En passant de 7,9 % à 8,4 % en douze mois, le taux effacerait une partie des gains enregistrés depuis 2021. L’Insee lie cette évolution au ralentissement de l’activité et à la fin des effets favorables de l’apprentissage, dont les aides ont été rabotées.
Côté prix, l’institut table sur une inflation moyenne de 2,0 % en 2026, avec une tendance orientée à la hausse en fin d’année. La combinaison d’une inflation qui se maintient et de revenus contraints explique la pression ressentie par les foyers, malgré des chiffres macroéconomiques en apparence stabilisés.
Un contexte budgétaire sous tension
Ces projections tombent alors que le gouvernement prépare son budget pour 2027 et cherche plusieurs milliards d’économies. Une croissance faible réduit les recettes fiscales attendues et complique l’équation des finances publiques, déjà scrutée par les créanciers de la France.
L’Insee prévient que ses prévisions restent entourées d’incertitudes, liées à l’environnement international et à l’orientation de la politique budgétaire. La prochaine note de conjoncture, à l’automne, permettra de vérifier si le coup encaissé par les ménages s’atténue ou s’installe durablement.