Étudiant devant une résidence universitaire avec ses affaires

APL supprimées pour les étudiants étrangers non boursiers depuis le 1er juillet

Depuis le 1er juillet, les étudiants étrangers extra-européens et non boursiers ne perçoivent plus les aides personnalisées au logement. La mesure, issue de la loi de finances 2026, prive de cette allocation entre 90 000 et 100 000 jeunes, selon les organisations étudiantes.

Un décret publié au Journal officiel a rendu applicable cette réforme, présentée par le gouvernement comme une source d’économies budgétaires. Elle réserve désormais l’accès à l’APL, pour les étudiants venus de l’extérieur de l’Union européenne, à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sur critères sociaux.

Qui est concerné par la suppression

La France compte environ 315 000 étudiants originaires de pays hors Union européenne. Parmi eux, seuls 2 à 3 % bénéficient d’une bourse de l’enseignement supérieur sur critères sociaux, selon les chiffres avancés par les syndicats. Ce sont donc entre 90 000 et 100 000 personnes qui basculent hors du dispositif.

Les boursiers, quelle que soit leur nationalité, ainsi que l’ensemble des étudiants ressortissants de l’Union européenne, conservent leurs droits. Pour les foyers touchés, l’aide représentait jusqu’ici de 150 à 250 euros par mois, une somme souvent déterminante dans le budget d’un étudiant logé en ville.

Une réforme inscrite dans le budget 2026

La mesure figure dans la loi de finances pour 2026 et a été validée en février par le Conseil constitutionnel. Le gouvernement la défend comme un moyen de « limiter l’accès aux aides personnelles au logement des étudiants extra-européens à ceux qui remplissent les conditions pour percevoir une bourse », dans un objectif de maîtrise de la dépense publique.

La date d’entrée en vigueur, fixée au 1er juillet, intervient à quelques semaines de la rentrée universitaire, période durant laquelle les baux étudiants se signent massivement. Les associations redoutent un effet immédiat sur la capacité des intéressés à se loger.

Les syndicats étudiants dénoncent une fracture

La contestation s’est structurée dès la publication du décret. « Nous sommes très inquiets de la situation à la rentrée, avec des étudiants qui n’auront pas la capacité de payer leur logement », a alerté Manon Moret, secrétaire générale de l’Unef.

Le syndicat qualifie la réforme d’« attaque directe contre les plus vulnérables » et d’« fracture assumée au sein de la communauté étudiante ». De son côté, la Fage dénonce « une mesure brutale qui va plonger des milliers d’étudiants dans la précarité ». Ces prises de position illustrent l’ampleur du front associatif opposé au texte.

Des inquiétudes au-delà des seuls étudiants étrangers

Plusieurs organisations élargissent la critique. L’association Cimade y voit « une nouvelle étape dans la restriction des droits des personnes étrangères », inscrivant la mesure dans un durcissement plus large des politiques migratoires.

Dans les filières de santé et du travail social, les fédérations Fnesi, Fnek, Anesf et Fage pointent une « rupture d’égalité », estimant que l’exclusion de ces étudiants fragilise aussi certains dispositifs de bourses régionales. Les recours et mobilisations annoncés pour la rentrée diront si la réforme s’appliquera sans heurts ou si le gouvernement devra en corriger les effets.

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