Les prix à la consommation ont augmenté de 1,8 % sur un an en juin 2026 en France, contre 2,4 % en mai, un ralentissement confirmé par les résultats définitifs publiés le 10 juillet par l’Insee. Sur le seul mois de juin, les prix ont reculé de 0,3 %.
Cette décrue tient d’abord à l’énergie, dont la hausse annuelle a nettement freiné. Elle intervient alors que le pouvoir d’achat des ménages reste au centre des préoccupations, dans une conjoncture où la croissance demeure fragile.
Une inflation ramenée à 1,8 % sur un an
Par rapport à sa première estimation diffusée fin juin, l’institut a révisé la variation mensuelle de l’indice de 0,1 point à la baisse, tout en confirmant son évolution sur un an. L’indice des prix à la consommation harmonisé, utilisé pour les comparaisons européennes, recule quant à lui de 0,3 % sur un mois et s’établit à 2,0 % sur un an.
Le repli mensuel s’explique avant tout par la chute des prix de l’énergie, en baisse de 4,2 % sur le mois après une quasi-stabilité en mai. Les produits pétroliers, en particulier, ont fortement reflué.
L’énergie tire les prix vers le bas
Sur un an, l’énergie progresse encore de 11,0 %, mais bien moins vite qu’en mai, où la hausse atteignait 16,6 %. Le mouvement traduit un net assagissement des cours pétroliers par rapport aux tensions du printemps.
Les autres postes suivent des trajectoires plus contrastées. L’alimentation ralentit à 0,9 % sur un an, contre 1,1 % en mai, un cinquième mois consécutif de décélération. Les prix des produits manufacturés reculent de 1,1 % sur un an, un mouvement en partie lié au calendrier des soldes d’été.
Ce reflux de l’énergie pèse d’autant plus qu’il avait tiré l’inflation vers le haut au printemps, dans le sillage des tensions internationales sur les cours du pétrole. La détente observée en juin traduit un retour à des niveaux plus proches de ceux du début d’année, quand la hausse des prix évoluait autour de faibles pourcentages.
L’inflation sous-jacente au plus bas
Signe d’un apaisement plus large, l’inflation sous-jacente, qui neutralise les prix les plus volatils comme l’énergie et l’alimentation fraîche, est retombée à 1,0 % sur un an en juin, contre 1,5 % le mois précédent.
Cet indicateur, suivi de près pour juger de la diffusion durable de l’inflation, se rapproche ainsi des niveaux d’avant l’emballement des prix. Il conforte l’idée d’une normalisation, sans garantir pour autant une baisse générale des étiquettes.
Pour les ménages, la détente se lit surtout à la pompe, où le recul des produits pétroliers a le plus pesé sur le mois de juin. Sur les rayons alimentaires, en revanche, la décélération reste plus lente, les prix continuant de progresser d’une année sur l’autre malgré cinq mois consécutifs de ralentissement.
Un contexte de croissance fragile
Ces chiffres tombent alors que Bercy vient d’abaisser sa prévision de croissance pour 2026 à 0,7 %, contre 0,9 % auparavant, en ligne avec l’Insee, le Fonds monétaire international et l’OCDE. La Banque de France se montre plus prudente encore, avec une hypothèse ramenée à 0,5 % du produit intérieur brut.
Le ralentissement de l’inflation offre un peu d’air aux ménages, mais son ampleur dépendra des prochains mois. L’institut livrera ses estimations provisoires pour juillet fin du mois, un rendez-vous scruté pour confirmer, ou non, la tendance amorcée au printemps.