Le taux du Livret A passera de 1,5 % à 1,7 % le 1er août, une hausse de 0,2 point confirmée par le ministre de l’Économie Roland Lescure, sur recommandation du gouverneur de la Banque de France Emmanuel Moulin. C’est le premier relèvement du placement préféré des Français depuis plusieurs révisions à la baisse.
La décision intervient à quatre jours de son entrée en vigueur et concerne près de 55 millions de livrets. Elle traduit le retour de l’inflation au premier semestre, après une longue phase de détente qui avait progressivement rogné la rémunération de l’épargne réglementée.
Une hausse dictée par une formule
Le taux du Livret A n’est pas fixé librement. Il résulte d’une formule qui combine l’inflation hors tabac des six derniers mois et les taux interbancaires de la zone euro, en particulier l’€STR. La Banque de France calcule le résultat et le transmet au gouvernement, qui l’entérine.
Deux éléments ont joué à la hausse, selon Bercy. L’inflation est repartie depuis le mois de mars et s’est établie à 1,8 % sur un an en juin, tandis que le taux €STR a progressé en juin. Ces mouvements ont suffi à faire remonter la rémunération, gelée jusque-là à 1,5 %.
Ce que la hausse change pour les épargnants
L’effet reste mesuré. Sur un Livret A rempli au plafond de 22 950 euros, le passage à 1,7 % rapporte environ 46 euros de plus par an, portant l’intérêt annuel de près de 344 à 390 euros. Pour un encours plus courant de 10 000 euros, le gain supplémentaire avoisine 20 euros sur douze mois.
La revalorisation s’applique automatiquement à l’ensemble des sommes déposées, sans démarche à effectuer. Le Livret de développement durable et solidaire, adossé au même taux, suit le mouvement et grimpe lui aussi à 1,7 %.
Un rendement toujours proche de l’inflation
La hausse ne restaure pas pour autant le pouvoir d’achat de l’épargne. À 1,7 %, la rémunération reste quasiment alignée sur la hausse des prix mesurée en juin, soit un rendement réel proche de zéro. Le Livret d’épargne populaire, réservé aux ménages modestes, conserve de son côté une rémunération supérieure, ce qui en fait le placement sans risque le mieux margé.
Pour l’État et les banques, ce relèvement renchérit le coût du financement du logement social et de la transition écologique, largement adossé aux fonds collectés sur le Livret A par la Caisse des dépôts.
Prochaine étape en février
Le nouveau taux s’appliquera jusqu’à la prochaine révision, prévue le 1er février 2027. D’ici là, la trajectoire de l’inflation et des taux courts déterminera si la remontée se prolonge ou si le Livret A repart à la baisse. Le gouverneur de la Banque de France conserve la possibilité de proposer une adaptation en cas de mouvement brutal des prix.