Sol craquelé et asséché lors d'un épisode de sécheresse en France

Sécheresse, le gouvernement recense 250 000 personnes confrontées à des tensions sur l’eau potable

Le gouvernement a dressé lundi 27 juillet un état des lieux de la sécheresse, avec 91 départements soumis à des restrictions d’eau et près de 250 000 personnes confrontées à des tensions sur l’approvisionnement en eau potable, selon le compte rendu du Conseil des ministres.

Présenté par les ministres chargés de l’Écologie, de l’Intérieur et de l’Agriculture, ce bilan confirme un épisode précoce et d’une ampleur rare, qui touche la quasi-totalité du territoire métropolitain à un moment où la ressource se raréfie et où le risque d’incendie reste maximal.

Neuf départements sur dix concernés

Selon le compte rendu, 91 des 101 départements français appliquent des mesures de restriction, un niveau qui laisse peu de zones épargnées. Le gouvernement chiffre à 250 000 le nombre de personnes exposées à des tensions sur l’eau potable, dont 30 000 alimentées par camions-citernes, faute d’un réseau capable d’assurer la distribution.

Le ministère de la Transition écologique juge que « la situation est comparable à celle de 2022 et apparaît même plus préoccupante pour les sols et les cours d’eau ». L’été 2022 avait constitué la sécheresse de référence, poussant l’État à renforcer son dispositif national de gestion de crise.

Les feux de forêt à un niveau élevé

La saison des incendies pèse sur ce tableau. Le gouvernement recense 13 550 feux de végétation depuis le début de l’année et environ 116 000 hectares parcourus par les flammes, une surface qui dépasse largement les moyennes des dernières décennies.

La réponse judiciaire s’est durcie. Depuis le 6 juillet, 162 personnes ont été interpellées pour des départs de feu, et cinq d’entre elles ont déjà été condamnées à de la prison ferme. Le ministère rappelle que la sécheresse agit comme un facteur aggravant des départs et de la propagation des feux.

Les préfets en première ligne

La gestion repose sur les arrêtés préfectoraux, activés localement selon l’état de la ressource. Plusieurs seuils sont définis, du niveau d’alerte, qui restreint l’arrosage, le remplissage des piscines, le lavage des véhicules et l’irrigation, jusqu’aux niveaux de crise réservant l’eau aux usages essentiels.

Le dispositif, renforcé après 2022, vise en priorité à préserver l’accès à l’eau potable. Le ministère assure rester « pleinement mobilisé » pour protéger cet accès et accompagner les territoires, un engagement qui contraste avec un diagnostic présenté comme plus sévère qu’il y a quatre ans.

Un mois d’août sous contrainte

Les prochaines semaines resteront déterminantes. Les arrêtés préfectoraux évolueront au gré des précipitations et des niveaux des nappes, tandis que le pic de fréquentation touristique alourdit la demande dans les zones les plus sèches. Le gouvernement, qui a promis un suivi régulier de la situation, devra livrer un nouveau point d’étape avant la fin de l’été, avec la crainte d’un allongement des restrictions jusqu’à l’automne.

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